L’Inconnue du Métro

Oh toi l’inconnue du Métro Châtelet
Chaque jour, je passe sans te regarder
Pis même, j’évite de croiser ton regard
Et me dépêche, comme si j’étais en retard.

Oh toi l’inconnue qui demande un peu d’humanité
Sache que j’ai honte, d’ainsi me comporter
Mais je ne sais pas t’offrir, ce que j’ai de meilleur
Enfoui là, au plus profond de mon cœur.

Oh toi l’inconnue que j’ai croisée par hasard
Dimanche, en flânant sur les Grands Boulevards
J’ai remarqué tes grands yeux bleus, pleins de détresse
Alors j’ai tenté de te sourire, mais je n’étais que tristesse.

Oh toi l’inconnue qui ne demande qu’à manger
Je passe indifférent, et ne fais pas le geste espéré
Oh toi l’inconnue, le jour viendra où tu redresseras la tête
Et alors, peut-être, je prendrai ta place, Métro La Muette

A mon tour, je serai obligé de tendre la main
Pour quémander un petit morceau de pain
Saurai-je alors conserver toute ma dignité
Et me souvenir de celui que j’ai été ?

Oh toi l’inconnue, enfin, relève toi
Je viens te chercher, je t’emmène avec moi
Vers un séjour meilleur et plein de gaieté
Vers là où personne n’est jamais allé.

KRISS DE NIORT -22/10/1999

 

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