Ma fenêtre

Par ma fenêtre, je vois un coin de ciel bleu
Qui se couvre de gris, quand le temps est orageux.
Par ma fenêtre, je vois parfois la trace d’un avion
Qui s’étire et passe entre les barreaux de ma prison.

Une fois, un papillon s’est posé sur ma fenêtre ;
De voir danser ses ailes fragiles, j’étais un autre être.
Parfois, quand la nuit est claire, je vois trois ou quatre étoiles,
Et je les contemple jusqu’à ce qu’un nuage ne les voile.

Le plus souvent, rien ne se passe derrière ma fenêtre
J’ai beau regarder, je ne vois rien apparaître ;
J’entends juste les bruits du dehors
Que je confonds parfois avec ceux de mon corps…

De temps en temps…, non rien
Il ne se passe strictement rien.
Le temps non plus ne passe pas
Il est juste rythmé par les repas.

Si par mégarde je ferme les yeux, alors s’ouvre un monde
Dont je ne perçois que ruines et que tombes,
Et montent vers moi pleurs, cris et hurlements :
Sans doute le prix de mon châtiment.

Alors, je regarde par ma fenêtre ;
Un oiseau passera, peut être…

 Kriss de Niort 29/05/2000

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